Il y a quelques mois j'ai déménagé dans la banlieue de Paris, une chouette petite banlieue cela dit en passant et j'ai donc modifié mes habitudes de transport.

Avant j'utilisais uniquement le métro et désormais je suis un client du Transilien un service de la SNCF. Honnêtement depuis 2 mois, je n'ai aucune critique à faire sur le service, la ponctualité, le confort de ce "métro au grand air".

La seule chose qui m'a frappé c'est le nombre de gens qui courent, c'est incroyable et cela -presque- toutes générations confondues. Alors, c'est vrai, le train, pour les chanceux comme moi il y en a 1 toutes les 10mins mais pour certaines personnes, la maitrise du timing se fait dans la souffrance de l'effort physique.

Tout va bien.

Mais cela ne devait pas durer. Ce matin, j'ai vécu ma première expérience de dysfonctionnement du réseau. La raison, implacable, un train a déraillé. Ouais sérieux en 2010 ça existe encore, moi je pensais que depuis que Lucky Luke avait chopé les Daltons on était peinard. Nous voilà donc avec quelques dizaines de personnes dans un train qui au lieu de mettre 12mins va prendre le temps et réussir la performance de mettre 50 mins pour accomplir son trajet. Bien sûr le matin, c'est le bonheur et la bonne humeur générale, les gens rigolent, partagent des moments avec leurs contemporains et profitent de cette faille spacio-temporelle pour profiter du temps qui s'écoule. Non, c'est pas comme ça en vrai, ils font la gueule et ils comprennent que leur journée va au mieux mal commencer.

Globalement c'est le dépit qui gagne, personne ne râle vraiment, car il n'y a en fait personne sur qui râler. Alors que la résignation et l'anxiété gagnent, une petite voix retentie dans le wagon, l'agent de la SNCF alors que l'on est arrêté sur la voie nous signale gentiment que le train va avoir un peu de retard. Bizarrement, le message vide de contenu et formel déclenche des sourires. Si le wagon est toujours immobile, les voyageurs eux, s'activent sur leurs mobiles, il faut prévenir les patrons/employeurs/clients/... que la journée commence lentement.

Le train redémarre enfin, une nouvelle voix de la SNCF se fait entendre, celle là est pré-enregistrée et elle nous informe que le train va bientôt entrer en gare. Le temps de finir sa phrase le train stoppe à nouveau. Le dépit a atteint son paroxysme et tout le monde sait que tout ce qui était prévu en début de matinée ne pourra pas avoir lieu.

Enfin, le train reprend sa route, la gare s'approche, le train stoppe, les portes s'ouvrent et là 3 agents de la SNCF, punching ball vivants accueillent la foule, certains se mettent à courir, d'autre prendront le temps de proférer quelques insultes mais la majorité continue sa route.

Avant de quitter la gare pour aller au bureau, un agent me propose un bout de papier et c'est à ce moment là que j'ai décidé de publier ce billet, il m'a donné une "attestation de retard". Cela doit paraitre d'un banal farouche pour les gens de la ville, mais moi je trouve ça épatant. Pour les provinciaux naifs comme moi, je vous propose le mot d'excuse de la SNCF :

Voilà, c'était quelques minutes de ma vie de provential forever dans la grande ville.

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